Le conseil municipal du 20 décembre avait à son ordre du jour le débat d'orientation budgétaire. Je vous livre ci-dessous de larges exraits de mon intervention. Comme à son habitude l'extrême droite était absente du conseil et la droite UMP n'a formulé aucune proposition nouvelle se contentant de reprendre le document présenté par la majorité de gauche pour lui attribuer les bons et les mauvais points.
...Selon le premier ministre, la France serait en faillite. La dette publique serait insupportable. Le projet de loi de Finances 2008 est bâti à partir de ces à priori et les relations de l’Etat avec les collectivités territoriales fonctionnent à sens unique comme un délestage continue des charges coûteuses de l’état.
Lorsque l’Etat supprime 23 000 emplois dans la fonction publique dont plus de 11 000 pour l’école, cela n’est pas sans conséquences sur les collectivités.
Aujourd’hui, lorsque l’Education nationale n’est plus en mesure d’accueillir des enfants dès 2 ans ½, les familles s’adressent aux élus des communes. Plus de places en crèche, en halte garderie, et c’est la municipalité qui est sollicitée !
On nous annonce pour bientôt l’obligation pour d’accueillir les enfants en cas de grève dans les écoles, le transfert aux communes de la délivrance des passeports et cartes d’identité, la taxe professionnelle est sur le chemin de la disparition des impôts locaux et tout cela avec moins de fonctionnaires et de nouvelles dépenses obligatoires pour payer les RTT.
Le tout dans un contexte économique dépressif pour les familles qui subissent l’empilement des coups portés et qui voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil.
Une perte du pouvoir d’achat qui touche également fortement la collectivité dans ses coûts de fonctionnement puisqu’elle subit tout autant les hausses des denrées alimentaires, des produits pétroliers, le l’électricité, de l’eau…
Par ailleurs, s’ajoute la volonté affichée du gouvernement de mettre en cause les services publics. Ainsi la diminution sensible du nombre de fonctionnaires s’appliquerait également aux collectivités territoriales selon Brice Hortefeux qui a déclaré récemment vouloir diminuer lors des prochaines années, les effectifs de ces collectivités d’au moins 20%.
Pour y parvenir la solution est simple : contraindre les collectivités territoriales face à leurs difficultés budgétaires à transférer au privé les activités jugées rentables pour ce secteur.
Les propositions favorables au développement des services publics dans la ville : le Service d’Intervention Rapide (SIR), le portage des repas à domicile, la mise place d’une police de l’environnement, le développement des projets éducatifs en direction des enfants et des jeunes prennent donc le contre-pied des intentions gouvernementales, c’est un acte politique important, appréciable, qu’il s’agit de généraliser à l’ensemble des domaines municipaux où la tentation peut amener parfois sournoisement à privatiser ou du moins à cesser les interventions en régie d’une partie d’un service ou d’une activité.
Toujours dans cet esprit de qualité du service public, la réalisation de deux écoles, de centres de loisirs et les travaux prévus dans les groupes scolaires participe à la cohérence de l’action municipale dans les domaines scolaires et de la petite enfance.
Le casse tête consiste donc à maintenir un niveau élevé de prestations sociales attendu par des populations en difficultés économiques croissantes, alors que la part des dotations d’état dans les recettes baisse, que de nouveaux transferts de charges de l’état vers les collectivités locales, non ou mal compensés financièrement s’opèrent, et que nous avons à subir des hausses de prix dans notre fonctionnement.
Dans ces conditions, une position claire et forte de notre municipalité pour combattre cette politique et refuser de faire porter le poids des conséquences sur les Bondynois est une posture politique indispensable.
C’est en ce sens qu’il faut apprécier le refus d’aggraver la baisse sensible de leur pouvoir d’achat en n’élevant pas les taux d’imposition payés par les ménages.
Un mot sur l’urbanisme et le logement.
Les grandes modifications du paysage urbain vont découler de l’opération de rénovation urbaine en gagée sur la ville.
Plusieurs logements, barres d’habitations vont être démolies et de nouveaux logements sociaux vont apparaître dans une logique du un pour un. Les communistes ont eu à plusieurs reprises l’occasion de donner leur point de vue sur l’opération ANRU, tant sur la concertation que sur le bien fondé des démolitions dans un contexte de pénurie de logements.
La réalité aujourd’hui, c’est que les demandeurs de logements en attente depuis des années sont bloqués par les opérations tiroirs de l’ANRU, je regrette donc qu’il manque dans ce document d’orientation un volet logement qui puisse ouvrir une porte même restreinte pour tous ces demandeurs en attente.
Par ailleurs je crois qu’il faut marquer notre profond désaccord avec les déclarations du Président Sarkozy qui demande à vérifier tous les 3 ans que les locataires ne dépasse pas le plafond de pauvreté qui les exclurait de ce type de logement. C’est là le meilleur moyen de constituer des ghettos en y concentrant les plus pauvres entre eux et c’est à mille lieux d’une démarche de mixité sociale à laquelle nous aspirons tous.
Le deuxième point est celui de la démarche pour construire le budget.
La difficulté extrême que nous rencontrons pour établir des budgets dans les conditions que j’ai rappelé sans pénaliser les Bondynois alors que les attentes sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus lourdes nécessite des informations, des explications, des débats, mais aussi de l’écoute, le la prise en compte, de la remise en question si nécessaire.
Si nous n’associons pas la population, les salariés, aux nombreuses batailles qui nous attendent, c’est à nous les élus municipaux que les habitants feront porter la responsabilité des difficultés.
Le budget participatif devient donc une exigence non pas des communistes, non pas d’un parti ou d’un groupe, mais celle de la situation elle-même.
Nous terminons cette mandature sans avoir pu vraiment avancer sur cette exigence même si des efforts ont été réalisés dans l’information. Je formule le vœu, que la prochaine équipe sache s’en saisir rapidement.
Enfin je voudrais terminer en manifestant une nouvelle fois mon inquiétude devant la répétition et l’accélération des coups portés contre les collectivités locales. On ne pourra pas indéfiniment maintenir un haut niveau de prestations sociales sans l’instauration de relations différentes entre les collectivités locales et l’état basées sur la solidarité et des coopérations justes et équilibrées et sans changements importants en matière de finances locales impliquant une grande réforme de la fiscalité et la prise en compte des actifs financiers des entreprises dans le calcul de l’impôt.