Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /2008 15:31

Le capitalisme est en crise.

La chose n’est pas nouvelle, les manifestations en sont nombreuses et se traduisent au quotidien dans la vie des gens par des difficultés grandissantes.

 

La crise financière qui secoue le monde avec un spectaculaire crack boursier suivi d’une panique générale sur les marchés,  a conduit les états à réinjecter des milliards de dollars et d’euros pour contenir la dégringolade des cours et redonner momentanément confiance au système bancaire. Pour autant nous n’échapperons pas aux suites prévisibles de ce processus de crise, une nouvelle et importante crise économique et sociale.

 

De l’avis d’un grand nombre de spécialistes, même si l’intervention massive des états devait permettre de relancer l’activité boursière, sans une refonte du système, les mêmes causes reproduiraient les mêmes effets.

 

Or que se passe-t-il ? les seuls analyses que produisent les chefs d’états du G8, consistent à vouloir « moraliser » ou « réguler » le système. En gros il suffirait de débarrasser le bon système capitaliste de ses excès immoraux pour que tout rentre dans l’ordre.

 

Certes, l’ultralibéralisme en prend un sérieux coups dans sa crédibilité, mais de là à faire croire que l’intervention de l’état sauvera la planète avec des pseudo nationalisations , il y a un énorme mensonge que nous ne sommes pas dans l’obligation d’avaler.

 

Premièrement il ne s’agit que de « nationalisations » temporaires, autrement dit, le basculement dans le sens de la privatisation sera effectif dès que les affaires reprendront, mais de plus il s’agit en fait que de mesures d’étatisation dont le seul but est de permettre de réinjecter de l’argent public dans la sphère financière. Ce qui signifie que sous couvert de nationalisation, on vient uniquement taper un grand coup dans le porte monnaie des familles.

 

Une nationalisation c’est tout autre chose.

C’est de rendre à la nation, donc au peuple les leviers de décisions et d’orientation de l’économie. Rien à voir avec ce qui se passe aujourd’hui.

 

A l’inverse, sortir de la crise économique passe par une relance de l’économie « réelle », donc par une relance du pouvoir d’achat des salaires, des retraites, des minima sociaux  et donc de la croissance utile et de l’emploi.

Pour cela il nous faut une économie qui se développe sur d’autres critères que ceux qui ont provoqué cette crise : les critères du profit immédiat, de la rentabilité financière à tout prix, de la spéculation, de la libre circulation des capitaux.

 

Il faut un développement qui mette au centre de l’économie, la satisfaction des besoins humain, l’égalité des droits, la rentabilité sociale et pour cela il nous faut des services publics performants, diversifiés, modernisés.

 

Or, c’est exactement l’inverse qui est en train de se produire sous l’impulsion du gouvernement : après la privatisation de France Télécom, d’EDF/GDF, c’est maintenant La Poste qui est en ligne de mire.

 

Dans notre ville aussi :

Les deux centres de sécurité sociale vont disparaître, le projet de loi Boutin va contraindre des locataires aux revenus moyens de partir pour le logement privé, si toutefois ils le peuvent encore.

 

Les disparitions successives de dotations de l’état en direction des communes risquent de les contraindre à privatiser certaines de leurs activités municipales et à opérer des coupes sombres dans leurs prestations sociales, sans parler des hausses d’impôts, qui, additionnées aux autres factures que l’état leur impose pour financer la crise, risquent fort de plomber encore plus lourdement le pouvoir d’achat.

 

La population commence à se rendre compte de cette énorme « arnaque » et il est sans doute temps d’unir nos efforts au-delà de nos différences, pour résister à cette entreprise et défendre les services publics dans notre pays et dans notre ville.  

Je vous propose donc une rencontre qui pourrait travailler sur plusieurs propositions :

 

  • Création d’une cellule de veille contre toutes nouvelles tentatives locales et nationales de démantèlement d’un service public
  • Développement d’actions pour défendre les services publics menacés, notamment sur notre ville : La Poste, les deux centres de Sécu, l’Hôpital public Jean Verdier, l’Office Public de l’Habitat transformé en EPIC et soumis à des règles de gestion qui s’éloignent progressivement du service public…
  • Travailler au retour en régie publique de l’exploitation et la distribution de l’eau, à la création d’un grand pôle public bancaire.
  • Engager une large réflexion sur le contenu des nationalisation, la place et le rôle des personnels dans ces entreprises, la définition des orientations et les moyens à dégager pour cela.

Rendez-vous vendredi 28 novembre en Mairie de Bondy à 9h00

 

Par Jacques Jakubowicz - Publié dans : Services Publiques
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