Lundi 29 décembre 2008

Les obsèques de Lucien Chapelain se sont tenues ce lundi 29 janvier 2008 à 16h au cimetière communal. Une cérémonie officielle en mairie de Bondy a précédé l'inhumation au cours de laquelle, ont notamment pris  la parole, le Maire Gilbert Roger et  le responsable national du PCF Gilles Garnier.
Vous trouverez ci-dessous l'hommage que j'ai rendu à Lucien Chapelain au nom de la section locale du PCF et des élus communistes de Bondy.


Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades,

 

Le départ de Lucien laisse un grand vide et une profonde tristesse dans la maison communiste de Bondy.

Mais il serait égoïste et terriblement réducteur, de vouloir s’approprier  ces sentiments.

Le nom de Chapelain, l’image de Chapelain, l’intonation de sa voix, son charisme qui imposait une présence et une histoire, imprégnait jusqu’à l’identité même de cette ville.

Nombreux sont les Bondynois, de toutes obédiences politiques, de toutes générations, et de toutes origines qui ont, à un moment ou à un autre, croisé la route de Lucien et garde en eux le souvenir, l’empreinte d’un homme exceptionnel.

Aujourd’hui encore, alors que l’âge et la maladie l’ont depuis des années, tenu éloigné de la vie publique, ont restreint ses déplacements au point de ne plus le laisser sortir de chez lui, toujours aussi nombreux sont ceux qui m’interpellent dans la rue pour me demander des nouvelles de Lucien se rappeler ces grands moments qui ont jalonné et façonné cette seconde moitié du 20è siècle à Bondy.

Lucien, c’est bien sûr l’esprit par excellence de la résistance, par l’intensité de son engagement, par la jeunesse de sa révolte et par la période de son entrée  en guerre contre le fascisme : il avait 19 ans en 1939 lors de sa première arrestation.

Une résistance à l’oppression nazie bien sûr, mais aussi résistance à l’injustice, aux discriminations, à l’exploitation capitaliste, à la domination de l’argent sur l’Homme et du capital sur le travail.

Lucien c’est aussi un homme de paix, une paix comprise comme une lutte permanente, un bien précieux jamais acquis définitivement et qui nécessite une vigilance extrême qui renvoie inlassablement aux leçons de l’histoire.

Lucien est devenu communiste pour cela. Révolté, écorché vif, il n’a pas simplement combattu la barbarie Hitlérienne, il n’est pas uniquement entré dans l’histoire en libérant avec Marcel Paul le camp de la mort de Buchenwald, il a continué après la capitulation nazie, à mettre toute sa force et son talent au service d’une société meilleure, d’un monde de paix et d’un développement harmonieux et solidaire de l’activité humaine.

C’est la raison pour laquelle Lucien a toujours eu à cœur de faire vivre utilement la mémoire de la résistance, en organisant avec la ville de Bondy et avec la participation des enseignants, ces visites commentées au camp du Stutthof d’où des centaines de collégiens sont revenus imprégnés à jamais  de ces incursions dans l’histoire qui donnent tant à voir sur l’avenir.

Comme Lucie Aubrac, Lucien Chapelain avait acquis la conviction que « le mot résister se conjugue au présent ».

Lucien Chapelain c’est enfin, pour tous ceux qui l’ont approché, un militant dans l’âme. Militant parce que résistant, mais aussi militant pour la mémoire active et l’enseignement de cette période dans les instances nationales de la FNDIRP, et l’association des anciens déportés de Buchenwald Dora,

militant de la paix, pour la paix en Algérie, pour la paix au Vietnam, pour la paix partout où elle est menacée, il militera avec force et conviction au mouvement de la Paix, militant syndical et militant politique avec les responsabilités qui ont été rappelées au PCF et ses mandats électifs comme maire adjoint et député suppléant.

J’ai  eu pour ma part, un vrai plaisir à côtoyer Lucien au Conseil municipal de Bondy et à la direction de la section locale du PCF. Chacune de ses interventions imposait l’attention de tous, toujours minutieusement préparée, fortement argumentée, foisonnant de détails et de précisions, elle éclairait le débat et forçait l’admiration.

J’ai ainsi beaucoup appris de lui sur sa vie, son parcours, sur la connaissance de cette ville et sur la vie tout simplement.

On pourra retenir ses coups de gueule, son rire ou son humeur changeante, je retiendrai un homme droit, aux principes affirmés, respectueux des autres, de tous les autres, qui arrivait aux réunions à l’heure, qui enlevait sa casquette et s’asseyait parmi ses camarades en souriant ou qui haranguait les foules au micro dans les meetings.

Avec la disparition de Lucien, c’est une page de l’histoire qui se tourne, je suis sûr que s’il était encore parmi nous aujourd’hui, il nous dirait : continuez, n’abandonnez jamais, surtout dans cette période difficile, résistez, militez et menez à bien notre combat commun.

J’ai retrouvé cette  citation d’un poète résistant anonyme que tu aurais, cher Lucien,  fort bien pu signer :

« Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'à ce qu'elle étouffe. Elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de choses, mais si elle ne te piquait pas, ça fait longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles ».

Lucien tu as fait vivre la mémoire de la résistance et son combat pour la paix et la liberté, nous auront à cœur de prendre le relais et de prolonger  ton combat, notre combat. Nous serons cet essaim d’abeilles qui œuvre pour donner à toute l’Humanité, un goût de miel à la vie.
Par Jacques Jakubowicz - Publié dans : coup de coeur
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