Déclaration d'Hervé BRAMY Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis : "Dans un article du Monde daté du 26 juillet et intitulé « des élus socialistes contestent le SDRIF », Gilbert ROGER, 1er vice-président du Conseil général et Maire PS de Bondy, accuse « les élus communistes de vouloir engranger les logements sociaux pour se constituer un stock électoral ». Quel mépris pour les 55 000 demandeurs de logements de mon département. Comme le souligne l'article lui-même, cette déclaration est plus guidée par la compétition électorale en vue des échéances locales de 2008 que par un souci réel des habitants et des salariés de la Seine-Saint-Denis.
Je rappelle, au passage, que les élus socialistes ont tous adopté la délibération du Conseil général de la Seine-Saint-Denis sur le Schéma d'Aménagement d'Ile-de-France porté par Jean-Paul Huchon et que Gilbert Roger ne s'est pas exprimé lors de cette séance du 26 juin dernier.
Cet avis positif de notre Assemblée n'est pas un chèque en blanc. Notre délibération ne comporte pas moins de 13 exigences et 2 amendements. Pour autant, ce nouveau SDRIF comporte des avancées pour la population de la Seine-Saint-Denis. Il affirme l'ambition d'une région parisienne solidaire et d'un rééquilibrage de l'Ouest vers l'Est.
D'ailleurs, hommage du vice à la vertu, ce n'est pas un hasard, si le Président de la République en personne, piétinant toutes les règles démocratiques d'autonomie des collectivités locales, s'en est pris violemment au projet de SDRIF, le mois dernier. J'ai d'ailleurs réagi vigoureusement.
Le nouveau SDRIF, en outre, a fait l'objet d'un véritable processus démocratique. Pour ce qui nous concerne, sous l'impulsion de Jean-Jacques Karman, Vice-Président à l'Aménagement, nous avons organisé pas moins de 152 réunions publiques et débats en Seine-Saint-Denis, avec la population, les élus locaux et les forces vives.
Au-delà de la polémique que veut engager Gilbert Roger envers les élus communistes, qui me rappelle désagréablement, et je le regrette, la saillie de Patrick Devedjian en juin dernier, je veux, pour ma part, aborder cette question du logement sur le fond. D'autant que je n'oppose pas logement social et logement de qualité, bien au contraire.
Le projet de SDRIF, élaboré par le Conseil régional fixe à la Seine-Saint-Denis un objectif de construction de 8800 logements par an, dont 3500 logements sociaux. Cela constituerait, d'ici 2030, une augmentation du patrimoine social existant, de 6% en Seine-Saint-Denis, 9% à Paris, 10% dans le Val de Marne, 11% dans les Hauts de Seine.
C'est un début de rééquilibrage qui inclut les projets de rénovation urbaine, très importants en Seine-Saint-Denis, puisqu'ils concernent plus de 10.000 logements.
Le traitement de la question du logement à l'échelle régionale implique une solidarité encore plus forte, avec une répartition plus égale, au sein des départements, dans la construction neuve. Car, aujourd'hui, 51% des logements sociaux en région parisienne sont concentrés dans 8,5% des communes et 188 communes sont encore en deçà de l'exigence du seuil des 20% de la loi SRU.
C'est le sens des exigences que nous avons formulées dans la contribution de la Seine-Saint-Denis au SDRIF, en réclamant également que l'effort de construction dans notre département soit accompagné des moyens d'une requalification urbaine sans précédent associant au logement, les transports, les emplois, les services et les équipements publics.
A mon sens, ce n'est pas la quantité de logements sociaux qui pose problème dans notre société. C'est l'état de pauvreté qui touche toutes les couches sociales : les personnes privées d'emploi mais également les salariés, les retraités, les accédants à la propriété sur endettés, etc
D'ailleurs la paupérisation au sein des copropriétés dégradées est aussi importante que dans les logements HLM. Nous voulons de la qualité, de la diversité, pour rendre effectif pour tous le droit au logement, et permettre ainsi de véritables parcours résidentiels.
C'est pourquoi, j'ai proposé à l'Assemblée départementale de favoriser la construction avec une aide du Département aux bailleurs de 5000 euros/logement, notamment pour les jeunes. Cette mesure a été adoptée à l'unanimité.
Alors soyons sérieux!
Parce qu'il est urgent de faire face à la crise du logement qui frappe si durement les Franciliens et les habitants de la Seine-Saint-Denis, j'ai fait de cette question du logement, l'une des 4 grandes priorités de mon mandat, avec l'emploi, l'Education et la Jeunesse.
Retrouvons-nous dans ce combat et battons-nous ensemble pour que le gouvernement, plutôt que de multiplier les cadeaux fiscaux aux plus fortunés, s'engage dans le financement du logement social et la création d'un grand service public de l'Habitat, seul à même d'assurer l'égalité.
Dans ce débat sur l'avenir de l'Ile-de-France et l'urgence sociale qui s'y exprime, dans les actions que nous menons pour la qualité de vie des séquano-dionysiens, qu'il s'agisse du pouvoir d'achat, de l'emploi, des transports, de la santé, et donc du logement, j'appelle à nouveau au rassemblement le plus large, utile et nécessaire, pour répondre aux besoins de la population.
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