coup de coeur

Jeudi 17 septembre 2009

- Invitation -

 

Soirée Solidarité Palestine

 

En avril dernier, 108 « passeurs de Paix » élus, syndicalistes, personnalités, artistes, journalistes.... ont visité les camps de réfugiés palestiniens, rencontré les forces de paix israéliennes, la femme de Marwan Barghouti, la maman de Salah Hamouri et pris l’engagement de restituer ce qu’ils ont vu et entendu à leur retour.

 

Parmi les 108, Jacques Jakubowicz, élu communiste de Bondy apportera son témoignage.

 

Suivra un débat avec les Bondynois en présence de :

 


     
Madame Hind Khoury

           déléguée générale de Palestine en France

 

 


 

Vendredi 2 octobre 2009 à 20h00

Hôtel de Ville de Bondy

Salon d’Honneur, 3è étage de la mairie

 

Film « les yeux ouverts dans Jérusalem enchaînée », exposition photos, vente des écrits de prison de Marwan Barghouti (pour la première fois traduits en français).

Par Jacques Jakubowicz
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Lundi 7 septembre 2009

 

Fête de l’Humanité 2009 - Inauguration du stand de Bondy
Vendredi 11 septembre 2009 à 19h00

________________________

 

« Résistances d’hier et d’aujourd’hui »

 

Hommage à :

Lucien Chapelain, André Corday et Renelde Dumont,

Militants et résistants communistes décédés ces derniers mois.

 

Débat en présence de Mireille Chapelain, Louis Dumont, Christine Corday, Paul Markidès….

 

Bar-Buffet dînatoire - Départ et Retour de Bondy en car.

RDV 18h00 garage municipal rue Carnot

 

Entrée avec la vignette de la fête 18 € (valable pour les trois jours), gratuite pour les – de 15 ans, + 2 € pour le repas.
Transport en car gratuit.

 

Par Jacques Jakubowicz
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Lundi 24 août 2009
Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 6 août 2009

Bondy n'a pas seulement donné son nom à une ville. C'est aussi le nom d'un intellectuel tchèque peu connu que je vous présente aujourd'hui.

 

Poète, romancier, philosophe, Egon Bondy, a été aussi une grande figure de l’underground tchèque. Cet intellectuel original a toujours vécu en marge de la société de son époque dont il refusait de partager les aberrations et qu’il fustigeait dans ses écrits.

Ce marxiste convaincu deviendra un des premiers dissidents qui oseront défier le régime tchèque. Ses opinions et ses engagements sont parfois mal interprétés. Plus tard il protestera contre la confusion semée par ceux qui prennent le marxisme pour l’idéologie totalitaire des bolcheviques. Le marxiste Bondy déteste tellement l’idéologie totalitaire qu’il choisit de vivre à la périphérie de la société. En 1957 il entre à la faculté des Lettres de l’Université Charles où il étudiera la philosophie..

Son oeuvre littéraire est aussi à la hauteur de son originalité. En poésie Egon Bondy a créé avec le poète Ivo Vodsedálek un style appelé « réalisme total ». Une poésie qu’il définit ainsi : «Moi j’appartenais à une génération dont le critique Vaclav Cerny a déclaré qu’elle avait transgressé tous les tabous de la langue et même qu’elle a transgressé et supprimé tous les tabous de la grammaire. Et je crois que nous avons ouvert un chemin assez important. Ce que faisaient les dadaïstes avec la langue c’était une provocation, mais nous, nous avons fait tomber un rempart. »

Auteur de nombreux recueils, d’une vingtaine de romans et de récits, et de toute une série d’ouvrages philosophiques, il s’en prend dans ses écrits d’abord au régime politique dans lequel il lui faut vivre, puis à la société de consommation.

Le restaurant délabré où Egon Bondy aimait écrire ses livres se trouvait dans le VIe arrondissement de Prague, dans le quartier de Petřiny. Dans cette partie de la ville il y a une des plus anciennes cités HLM pragoises. Le poète Bondy savait trouver et apprécier la couleur locale de cet amas d’édifices uniformes et anonymes:

«Les cités HLM ont une poésie spécifique qui, je pense, n’a pas encore été découverte et suffisamment appréciée. Nous le voyons comme quelque chose de laid mais cette laideur même a atteint une certaine monumentalité et comme les gens obligés d’y vivre sont de plus en plus nombreux, il est indubitable qu’un jour apparaîtra aussi une poétique de cette laideur monstrueuse et que cette poétique finira par être exprimée esthétiquement. (…) Il est peut être vrai que toutes les cités HLM dans le monde sont uniformes, mais la différence est dans les gens. C’est pourquoi ces quartiers de Prague sont quand même un peu plus agréables comme le sont d’ailleurs ces putains de Tchèques qui sont quand même plus agréables que ces friqués d’Allemands et d’Américains.»


En 1993, Egon Bondy s’est installé Bratislava pour protester contre la partition de la Tchécoslovaquie. C’est dans un petit appartement plein de livres, sans télévision, radio, téléphone et sans journaux qu’il a passé les 14 dernières années de sa vie, sans pourtant perdre le contact avec la réalité. Et c’est dans cet appartement où il s’est endormi avec une cigarette et ne s’est réveillé qu’au moment où son pyjama était en flammes. Il est mort des suites de ses brûlures le 9 avril 2007 à l’âge de 77 ans. Son ami Laco Teren a dit : « Il a mis fin à son pèlerinage terrestre et il faut constater qu’il l’a fait d’une façon poétique, spectaculaire et mystique. Je crois qu’il était content de la façon dont tout cela avait été mis en scène. »

 

Pendant sa vie Egon Bondy a plusieurs fois tenté de se suicider et a été hospitalisé à plusieurs reprises dans des hôpitaux psychiatriques. On raconte qu’un jour il s’est couché sur les rails et s’est endormi. Il ne se doutait pas que le trafic avait été dévié. Lorsqu’il s’est réveillé le matin, il a vu que les trains roulaient sur les rails à côté. Une histoire qui illustre très bien la vie extraordinaire de ce poète et philosophe inimitable qu’était Egon Bondy.

Par Jacques Jakubowicz
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Mercredi 5 août 2009

Chers amis,

 

Il s’appelait Szlama Jakubowicz, mais beaucoup le connaissait sous le nom d’Emile et pour certains même, il était Emile Berté, pour moi c’était Papa, mais il était aussi tous ces personnages à la fois.

 

L’immigré juif polonais arrivé en France à l’âge de cinq ans, le citoyen français par naturalisation qui avait su de sa condition de tailleur s’élever socialement par la formation et la persévérance pour devenir chef de fabrication dans la publicité, le résistant au nazisme, militant antifasciste, anticolonialiste, militant communiste contre toutes les oppressions, contre toutes les discriminations.

 

On peut être fier d’avoir eu pour père une tel homme, qui dans la vie de tous les jours ne laissait rien transparaître d’un passé pourtant glorieux qui lui valut de multiples distinctions et d’être décoré par le président de la République de l’époque François Mitterrand : Chevalier de la Légion d’Honneur .

 

Car on ne peut pas évoquer mon père sans effectuer un retour obligé sur la période de la seconde guerre mondiale et de la résistance.

 

Comment peut-on vivre sans haine, sans esprit de vengeance lorsqu’à, 18 ans toute sa famille, son frère, ses sœurs, son père et sa mère, sont victimes de rafles par la police française qui collabore activement avec l’occupant nazi, déportés et exterminés à Auschwitz.

 

Par miracle, prévenu in extremis, il parvient à échapper à cette rafle le 16 juillet 1942, et décide de rentrer dans la résistance et de rejoindre la 35è brigade Marcel Langer, en juin 43, à Toulouse.

 

De cette période extrêmement dure, difficile, mon père ne parlait jamais, sans doute parce que cela lui faisait mal mais aussi parce qu’il estimait plus utile de s’inscrire dans les batailles du présent et de l’avenir.

 

N’est-ce pas Lucie Aubrac qui disait : «Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent.»

 

C’est lorsqu’il a atteint la retraite, qu’il a vraiment commencé à effectuer un retour sur son passé et contribuer au travail de mémoire des survivant de la 35è brigade pour que plus jamais cela ne se reproduise.

 

C’est à cette période que les historiens et les cinéastes se sont intéressés à mettre en lumière ces femmes et ces hommes, ces combattants de l’ombre.

Spielberg a dépêcher des collaborateurs en France pour rencontrer les survivants.

 

Un peu auparavant, en 1993,  Mosco Boucault avait réalisé un film de 92 minutes, diffusé à la télévision sous le titre « Ni travail, ni famille, ni patrie - Journal d'une brigade FTP-MOÏ » 

 

Voici ce qu’il disait de ces résistants en présentant son film :

 

« Ils étaient lycéens, étudiants, fils de paysans, ouvriers. Parmi eux il y avait des juifs, des étrangers et des communistes. Certains étaient nés en France, d’autres en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Italie, en Espagne ou au Brésil.

 

En 1939, ils ne se connaissaient pas. En 1943, ils prenaient ensemble les armes à Toulouse pour combattre l’occupant nazi et le régime de Vichy.

 

Les uns parce qu’ils avaient fait la guerre d’Espagne et avaient un compte à régler avec le fascisme. Les autres parce qu’ils étaient persécutés.

 

Ils ont formé à Toulouse la 35e brigade FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la Main d’Oeuvre Immigrée). Ils ont risqué leur vie pour libérer le sol de France, leur terre d’asile.

 

Dix huit des leurs ont été arrêtés par la police de Vichy et livrés aux Allemands. Deux sont morts dans le train qui les emmenait en déportation. Quatre ont été fusillés. Marcel Langer, le fondateur de leur brigade, a été guillotiné. Les autres par miracle ont survécu. Ils témoignent. 

 

Pourquoi un documentaire de plus sur la Résistance? Parce que ces hommes et ces femmes étaient simples, anodins et qu’ils avaient vécu une histoire belle, tragique, triste et violente.

 

Parce qu’ils étaient une poignée, fragiles, vulnérables, et qu’ils ont tenté avec leurs modestes moyens de mener un combat noble: ‘No pasaran!', ‘le fascisme ne passera pas’. Parce que leur résistance a été légitime et qu’avec eux des mots tels que ‘clandestinité’, ‘guérilla’, ‘brigade’ - que nous avons souvent vus resurgir par la suite - avaient une morale, une vertu. Parce que j’aurais aimé être un des leurs. »

 

Les F.T.P.-M.O.I. de la région toulousaine multiplient les actes de guérilla urbaine : destruction d'axes de communication comme les lignes S.N.C.F. ou le Canal du Midi, sabotage de pylônes électriques, attentats individuels contre des soldats allemands dans les cinémas et les restaurants. Mon père en était, il participa notamment aux sabotages dans la gare de triage de Toulouse.

 

Il fut blessé par balle aux deux jambes et pris un éclat de grenade juste sous la lèvre inférieure, mais il en sortit vivant.

 

Vivant, mais sans doute s’identifia-t-il à Marcel Langer quand, lors de son procès, le procureur Lespinasse demanda la peine de mort à l’issue d’un réquisitoire scandaleux de sévérité contre l’origine et l’engagement de l’inculpé, et de soumission à l’égard de l’occupant allemand.

 

Le procureur Lespinasse insista sur la nécessité de punir ce « sans-patrie » pour, selon lui, « éviter » des prises d’otages par les nazis.

 

« Vous êtes juif, polonais et communiste, trois raisons pour moi de réclamer votre tête », déclara le magistrat. Les frères de combat de Langer le vengeront en exécutant ce procureur.

 

Même s’il n’en parlait pas , je suis certain que mon père a garder en lui cette profonde blessure et qu’elle n’a jamais cicatrisé.

Cette période, comme dit Mosco, fut aussi une belle histoire. Une histoire d’amitiés solides, une histoire d’amour aussi, puisque c’est l’époque où il rencontre ma mère Raymonde avec qui il se marie et avec qui il aura un enfant le 1er mai 1952, moi !

 

Mon père, ma mère et moi, avons vécu six ans à Paris, dans un taudis rue Ste Martre, dans le 10è arrondissement, avant de déménager en 1958 au Pré St Gervais.

 

Mon père devra encore traverser des moments difficiles , en particulier en 1956, au moment où fut dévoilé le rapport Kroutchev sur les crimes de Staline dans l’URSS de l’époque.

 

Mon père, militant et dirigeant communiste ne supporta pas ce qu’il perçut, à juste titre, comme une trahison de son idéal et de la confiance qu’il avait placé dans « le petit père des peuples ».

 

Il ne renouvela pas son adhésion au Parti Communiste Français, mais conserva jusqu’à la fin son idéal communiste.

 

Ce qui me valut une dédicace sur un livre consacré à la résistance où il écrivait : « A mon fils, Jacky, pour qu’il n’oublie pas de conserver un esprit critique » . Avec le recul, la pertinence de cette mise en garde me semble plus judicieuse que jamais.

 

Le 14 juin 2000, ma mère est décédée. Mon père n’était pas quelqu’un de démonstratif, mais il aimait profondément ma mère. Il s’en ait jamais remis.

 

Son décès date d’il y a 6 jours mais il remonte en fait à neuf ans. Progressivement et inexorablement j’ai vu mon père diminuer.

 

La mémoire en premier, l’autonomie petit à petit, l’expression orale s’est faite à son tour de plus en plus difficile jusqu’à disparaître complètement. Lui qui aimait lire et regarder la télévision, s’est retirer progressivement dans un mutisme total, il s’est emmuré dans lui même.

 

Ces derniers temps, il avait maigri au point de ressembler à ces déportés qui n’avaient plus que la peau sur les os. Cruel destin pour cet homme qui a vu toute sa famille mourir en déportation.

 

Sa mort est libératrice pour lui, pour nous, mais quelle injustice pour cet homme de combat, ce militant, ce défenseur inlassable des droits de l’Homme, de finir sa vie dans ces conditions.

Alfred de Musset disait déjà : « Qu’est-ce donc qu’oublier, si ce n’est pas mourir ? ».

 

Pour finir cet hommage je voudrais lire une citation que j’aime beaucoup d’un poète anonyme . Je suis convaincu que mon père l’aurait appréciée :

 

« Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'à ce qu'elle étouffe. Elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de choses, mais si elle ne te piquait pas, ça fait longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles. »

 

Papa, ta route se termine ici, nous enfant, petits enfants, arrières petits enfants, famille et amis nous sommes fiers de toi, de ton action, de ton dévouement, nous t’aimons très fort.

Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 30 avril 2009

Pour la troisième fois depuis le début de l’année, les huit centrales syndicales françaises (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, UNSA), soutenues par l’ensemble des partis de gauche, lancent un appel unitaire pour une grande manifestation nationale le jour de la fête du travail.

C’est une première qui fera date, le défilé sera unitaire le premier mai sur des revendications communes portées par tous les syndicats.

Les huit centrales appellent ainsi à amplifier le mouvement qui s’est exprimé le 29 janvier et le 19 mars pour que le gouvernement et le patronat engagent les négociations et les concertations pour répondre à l’ensemble des revendications syndicales du 5 janvier 2009.

Chaque jour les pressions augmentent sur le monde du travail, sur les conditions de vie des familles. Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciements se multiplient, la spéculation continue, les grandes entreprises et banques privées octroient à leurs patrons des stocks options, des parachutes dorés, des bonus, des rémunérations scandaleuses : c’est insupportable !

Des entreprises aidées à coup de milliards par l’état, n’hésitent pas à licencier tout en continuant de rétribuer grassement leurs dirigeants à coup de primes et d’augmentation considérables comme vient de le démontrer récemment la banque Dexia.

Cela relativise et remet  à leur juste valeur, les commentaires élogieux du récent sommet du G20 sur la soi-disant « moralisation » du système capitaliste.

Comment ne pas comprendre devant ces agissements et comportements scandaleux, inhérents au système,  que des salariés expriment leur colère avec les moyens dont ils disposent. Ces actions sont légitimes et méritent la solidarité de tous ceux qui partagent leur combat.

La soi disant  violence que le président de la République et son premier ministre veulent pénaliser n’est-elle pas à rechercher plutôt dans ces licenciements qui jettent froidement à la rue des hommes et des femmes, des familles entières, du jour au lendemain, pendant que ceux qui organisent les plans sociaux empochent des revenus indécents sur l’argent public.

Le gouvernement et le MEDEF se veulent inflexibles, ils portent l’entière responsabilité de la radicalisation de la colère et donnent une raison supplémentaire de hausser le niveau de la mobilisation sociale pour parvenir à inverser cette logique de crise qui s’amplifie au seul détriment des salariés et des familles.

Donnons une suite encore plus grande à notre solidarité avec les salariés déjà en lutte le 29 janvier et le 19 mars, en participant nombreux au défilé du premier mai à Paris.

Par Jacques Jakubowicz
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Lundi 27 avril 2009


Pour voir le diaporama cliquez sur le lien ICI

Par Jacques Jakubowicz
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Lundi 29 décembre 2008

Les obsèques de Lucien Chapelain se sont tenues ce lundi 29 janvier 2008 à 16h au cimetière communal. Une cérémonie officielle en mairie de Bondy a précédé l'inhumation au cours de laquelle, ont notamment pris  la parole, le Maire Gilbert Roger et  le responsable national du PCF Gilles Garnier.
Vous trouverez ci-dessous l'hommage que j'ai rendu à Lucien Chapelain au nom de la section locale du PCF et des élus communistes de Bondy.


Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades,

 

Le départ de Lucien laisse un grand vide et une profonde tristesse dans la maison communiste de Bondy.

Mais il serait égoïste et terriblement réducteur, de vouloir s’approprier  ces sentiments.

Le nom de Chapelain, l’image de Chapelain, l’intonation de sa voix, son charisme qui imposait une présence et une histoire, imprégnait jusqu’à l’identité même de cette ville.

Nombreux sont les Bondynois, de toutes obédiences politiques, de toutes générations, et de toutes origines qui ont, à un moment ou à un autre, croisé la route de Lucien et garde en eux le souvenir, l’empreinte d’un homme exceptionnel.

Aujourd’hui encore, alors que l’âge et la maladie l’ont depuis des années, tenu éloigné de la vie publique, ont restreint ses déplacements au point de ne plus le laisser sortir de chez lui, toujours aussi nombreux sont ceux qui m’interpellent dans la rue pour me demander des nouvelles de Lucien se rappeler ces grands moments qui ont jalonné et façonné cette seconde moitié du 20è siècle à Bondy.

Lucien, c’est bien sûr l’esprit par excellence de la résistance, par l’intensité de son engagement, par la jeunesse de sa révolte et par la période de son entrée  en guerre contre le fascisme : il avait 19 ans en 1939 lors de sa première arrestation.

Une résistance à l’oppression nazie bien sûr, mais aussi résistance à l’injustice, aux discriminations, à l’exploitation capitaliste, à la domination de l’argent sur l’Homme et du capital sur le travail.

Lucien c’est aussi un homme de paix, une paix comprise comme une lutte permanente, un bien précieux jamais acquis définitivement et qui nécessite une vigilance extrême qui renvoie inlassablement aux leçons de l’histoire.

Lucien est devenu communiste pour cela. Révolté, écorché vif, il n’a pas simplement combattu la barbarie Hitlérienne, il n’est pas uniquement entré dans l’histoire en libérant avec Marcel Paul le camp de la mort de Buchenwald, il a continué après la capitulation nazie, à mettre toute sa force et son talent au service d’une société meilleure, d’un monde de paix et d’un développement harmonieux et solidaire de l’activité humaine.

C’est la raison pour laquelle Lucien a toujours eu à cœur de faire vivre utilement la mémoire de la résistance, en organisant avec la ville de Bondy et avec la participation des enseignants, ces visites commentées au camp du Stutthof d’où des centaines de collégiens sont revenus imprégnés à jamais  de ces incursions dans l’histoire qui donnent tant à voir sur l’avenir.

Comme Lucie Aubrac, Lucien Chapelain avait acquis la conviction que « le mot résister se conjugue au présent ».

Lucien Chapelain c’est enfin, pour tous ceux qui l’ont approché, un militant dans l’âme. Militant parce que résistant, mais aussi militant pour la mémoire active et l’enseignement de cette période dans les instances nationales de la FNDIRP, et l’association des anciens déportés de Buchenwald Dora,

militant de la paix, pour la paix en Algérie, pour la paix au Vietnam, pour la paix partout où elle est menacée, il militera avec force et conviction au mouvement de la Paix, militant syndical et militant politique avec les responsabilités qui ont été rappelées au PCF et ses mandats électifs comme maire adjoint et député suppléant.

J’ai  eu pour ma part, un vrai plaisir à côtoyer Lucien au Conseil municipal de Bondy et à la direction de la section locale du PCF. Chacune de ses interventions imposait l’attention de tous, toujours minutieusement préparée, fortement argumentée, foisonnant de détails et de précisions, elle éclairait le débat et forçait l’admiration.

J’ai ainsi beaucoup appris de lui sur sa vie, son parcours, sur la connaissance de cette ville et sur la vie tout simplement.

On pourra retenir ses coups de gueule, son rire ou son humeur changeante, je retiendrai un homme droit, aux principes affirmés, respectueux des autres, de tous les autres, qui arrivait aux réunions à l’heure, qui enlevait sa casquette et s’asseyait parmi ses camarades en souriant ou qui haranguait les foules au micro dans les meetings.

Avec la disparition de Lucien, c’est une page de l’histoire qui se tourne, je suis sûr que s’il était encore parmi nous aujourd’hui, il nous dirait : continuez, n’abandonnez jamais, surtout dans cette période difficile, résistez, militez et menez à bien notre combat commun.

J’ai retrouvé cette  citation d’un poète résistant anonyme que tu aurais, cher Lucien,  fort bien pu signer :

« Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'à ce qu'elle étouffe. Elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de choses, mais si elle ne te piquait pas, ça fait longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles ».

Lucien tu as fait vivre la mémoire de la résistance et son combat pour la paix et la liberté, nous auront à cœur de prendre le relais et de prolonger  ton combat, notre combat. Nous serons cet essaim d’abeilles qui œuvre pour donner à toute l’Humanité, un goût de miel à la vie.
Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 27 novembre 2008

Je vous livre ci-dessous la position de Jean-Luc Mélenchon tirée de son Blog après sa délission du PS et l'annonce de son intention de créer le Parti de Gauche

 

Je devrais me réjouir des premiers pas remarquables accomplis depuis la création du Parti de gauche (PG), notamment ses 5000 déclarations de soutien et ses récentes adhésions de personnalités socialistes comme Franck Pupunat, Jacques Rigaudiat ou Jacques Généreux.

Je veux avant tout saluer l’évènement que représente la création du front de gauche avec le Parti communiste en vue des prochaines élections européennes. Au cœur de l’obscurité que répand la déchéance morbide du Parti socialiste la lumière du renouveau de la gauche s’allume. Mais c’est encore la nuit.

La semaine du parti socialiste a été profondément démoralisante pour les gens de gauche qui en retiennent la conclusion essentielle : Sarkozy a le champ libre. De ce champ de ruines on ne se relèvera pas en un jour. Mais rien ne sert de gémir et de se laisser abattre. Le calendrier nous ouvre une opportunité inespérée de rebond.

Tout le raisonnement qui nous avait conduits à décidé de quitter le PS dès le soir du vote, puis à créer aussitôt le Parti de Gauche (PG) s’est vérifié sous une forme bien plus caricaturale que tout ce que nous avions imaginé. La victoire de Ségolène Royal a contraint tous ses challengers à une grotesque et destructrice guerre de retardement dans laquelle tout a coulé, y compris la gauche du parti et pour finir peut-être le parti lui-même. Au total cette séquence réalise sous une forme certes ubuesque et imprévue tout le contenu de l’évolution du PS tel qu’il s’est progressivement mais implacablement amassé au fil des années.

Aligné sur l’horizon indépassable du capitalisme et du libéralisme, rêvant de l’alliance au centre qui le mettrait au diapason de tous les autres partis sociaux démocrates d’Europe, le PS s’est effondré en se présidentialisant à mort, pipolisé, dépolitisé. A présent, ce que l’on appelait le parti socialiste est mort.

De ce fait l’ensemble du dispositif qui structurait la gauche autour de ce parti est à terre.  La droite qui faisait déjà ce qu’elle voulait grâce à l’abstention du PS n’a plus rien en face d’elle. C’est tout le dispositif de riposte qui doit être reconstruit. Et pour cela c’est l’espace politique occupé par le PS qui doit changer de leadership. Naturellement cela ne veut pas dire que le parti socialiste va disparaître.

Sous le même nom, autre chose va se présenter sur la scène. Soit, autour de Martine Aubry, une sorte de nouvelle SFIO, syndicat d’élus gérant les rites de la gloire passée, soit avec Ségolène Royal un parti de type démocrate à l’italienne. La première forme n’aura d’autre projet que sa conservation et se tiendra aussi longtemps que possible dans une logique identitaire avant d’être siphonnée progressivement par le centre et la droite.

La seconde sera à géométrie variable construite sur la seule échéance présidentielle et en dépendra en tout et pour tout. Elle la portera avant de l’anéantir. Dans les deux cas Bayrou aura le dernier mot. Aubry et Royal qui incarnent ces deux futurs sont autant les créatrices que les jouets d’une situation qu’elles ont endossée davantage qu’elles l’ont créée. Ce fond de scène peut durer. Il peut tout bloquer et maintenir toute la gauche durablement dans l’impuissance jusqu’au terme du désastre que la crise du capitalisme promet à notre pays.

La nomenclature socialiste, l’immense appareil qui entoure les élus y trouverait son compte : son seul souci est de durer. Avec la création du Parti de gauche (PG), et la formation du front de gauche avec le Parti communiste, un processus est engagé.

Depuis la modeste place qui est celle du Parti de gauche (PG), avec ce qui vient de commencer depuis notre initiative nous disons: un autre futur est désormais possible. Une courte période s’ouvre, jusqu’aux prochaines élections européennes pour construire un nouveau dispositif politique à gauche qui soit à la hauteur de la crise sociale qui commence et de la catastrophe écologique qui murit. Il n’y a aucun mystère sur ce qu’il faut faire. Ni sur le calendrier d’exécution.

Trois congrès vont se succéder à gauche: celui des Verts, celui du PC, celui du NPA. Tous ont à traiter l’offre politique présentée par la rencontre du PCF et de Parti de Gauche (PG). Se rassembler pour la prochaine élection européenne.

Cette offre est aussi un programme et une stratégie. Un programme: celui qui découle du refus du traité de Lisbonne et de la politique libérale qu’il contient. Une stratégie: le rassemblement de tout l’arc de force qui se situe sur ce terrain politique. Le Parti de Gauche est l’outil au service de cette tache.

Je donne rendez vous à tous ceux que ces questions intéressent samedi 29 novembre prochain au gymnase de l’ile de Vannes, métro Mairie de Saint Ouen pour le meeting de lancement du Parti de gauche, en présence (notamment) de Oskar Lafontaine.

 

Par Jacques Jakubowicz
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Mardi 11 novembre 2008
Déclaration de la fédération du PCF de Seine St Denis

L’élection de Barack Obama Président des Etats-Unis est démonstrative d’une profonde volonté de changement dans le peuple américain et du rejet de la politique ultra réactionnaire de Bush et Mac Cain.

En Seine-Saint-Denis de très nombreux jeunes, des habitants des quartiers se sont identifiés aux électeurs américains et ont, en quelque sorte, voté par procuration pour Obama. La volonté de changement du peuple américain trouve dans notre département un écho profond. C’est la même volonté de changement. Elle est démonstrative du rejet populaire de la politique conduite par Nicolas Sarkozy, adoubé en son temps par Georges Bush.

Cette victoire des démocrates aux Etats-Unis renforce l’espoir en France de ceux qui veulent un monde meilleur, un monde de paix, un monde sans domination. Bien évidemment le nouveau président américain n’est pas un révolutionnaire, mais son élection est porteuse d’une révolution : en 40 ans ceux qui n’étaient rien, qui n’avaient le droit de rien, qui portaient mentalement et physiquement les stigmates de l’esclavage ont accédé à une nouvelle dignité. C’est le même espoir qui est exprimé par la jeunesse de la Seine-Saint-Denis, celui enfin de ne plus être stigmatisé et d’avoir une formation, un emploi, un logement et un salaire permettant de bien vivre. Il faut répondre à ces attentes.

Par Jacques Jakubowicz
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