Coup de gueule

Jeudi 17 septembre 2009

 Selon le Figaro, dans la région Rhône-Alpes, Azouz Begag, proche du MoDem a rencontré le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb. "Dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guerini, président PS, a été approché par Christophe Madrolle, délégué national du MoDem. Le bureau fédéral du PS s’est d’ailleurs déjà déclaré favorable à un accord avec le MoDem. François Bayrou, confie-t-on dans son entourage, « voit en ce moment régulièrement des gens » de l’opposition".


"Même discrétion du côté de la première secrétaire du PS. Si officiellement Martine Aubry exclut pour l’heure tout rapprochement avec le MoDem au niveau national, à Lille, elle a déjà évoqué la question des régionales avec Olivier Henno, qui devrait conduire le MoDem dans le Nord. En attendant, en Ile-de-France, les « discussions » portent plutôt sur un axe Verts-MoDem".

Par Jacques Jakubowicz
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Mardi 28 avril 2009

Le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009. Le taux du livret A sera ramené à 1,75 %, son plus bas niveau historique, après un premier recul de 4 % à 2,5 % décidé en février.
Il est scandaleux qu’en période de récession, d’envol du chômage et de la précarité, de blocage des salaires et de recul du pouvoir d’achat, l’Etat traite avec un tel mépris le caractère populaire du Livret A et les économies des petits épargnants.     
L’Association Française des Usagers des Banques (AFUB) rappelait voici peu que « 70 % des détenteurs ont moins de 750 euros », et dénonçait une mesure qui « contribue à l’étranglement de la confiance des ménages dans l’économie, et à l’écornement de leur pouvoir d’achat ».
Cette mesure injuste, inefficace car elle pénalisera le financement du logement social, est par contre pain béni pour les dirigeants d’un réseau bancaire à qui cela va permettre de renforcer auprès de nos concitoyens des offres de placement sur des produits plus risqués mais plus lucratifs pour les banques.    
Alain Bocquet, député communiste est intervenu auprès du 1er ministre afin de protester contre cette nouvelle mesure antisociale et pour connaître les suites qu’il entend donner : d’une part à l’exigence qu’il soit tenu compte des difficultés sociales actuelles (chômage en hausse, blocage des salaires) pour une application moins stricte des règles d’ajustement des taux ; d’autre part que soit rejetée la menace d’une nouvelle et troisième baisse susceptible d’être décidée par le gouvernement en juillet prochain et applicable au 1er août.
Il a également demandé l’instauration d’un taux plancher garanti, dans les circonstances actuelles, à 2 %, pour la fraction des livrets inférieure à 10.000 euros.

Par Jacques Jakubowicz
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Lundi 15 décembre 2008
Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 28 août 2008

Je vous propose de prendre connaissance de cette analyse quelque peu divergente de la pensée unique sur la situation en Afghanistan par Jacques FATH, responsable au PCF des relations internationales .

Après l’émotion, les déclarations, vient le temps de l’analyse, de la réflexion de fond non seulement sur les causes de l’événement –
l’ embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français – mais sur le contexte, sur les politiques conduites par la France, par les Etats-Unis et l’ OTAN et sur l’état du monde… La guerre en Afghanistan n’est pas un fait isolé. C’est une réalité qui témoigne directement des problèmes et enjeux du monde d’aujourd’hui.

 Nous avons rendu hommage (nous = les élus, les autorités, le PCF…) aux soldats qui sont morts pour la réalisation de la mission qui leur a été donnée par les autorités françaises.

Beaucoup parlent de la nécessité d’assumer les risques, de la noblesse de l’action, de la fierté de l’engagement… Mais nul n’empêchera une mère, une épouse, un fils… de s’indigner et de se demander: est-il juste de mourir à 19 ans? Est-il juste de mourir pour une politique dont la légitimité même est en cause?

 Pour justifier cette guerre en Afghanistan les autorités françaises affirment que s’y joue la sécurité de la France (donc des Européens). Ce serait LA lutte à mener contre le terrorisme.

 Les citoyens français, dit-on, n’auraient pas très clairement conscience de cet enjeu. Un sondage récent montre qu’ils seraient majoritairement favorables au retrait des troupes françaises (55%). On peut inscrire cette opinion au compte de l’émotion. On peut aussi penser que les Français se posent beaucoup de questions sur les événements mais aussi les choix politiques effectués. Comment pourrait-il en être autrement alors que la France s'enlise dans une guerre qui est devenue une impasse de plus en plus dramatique de jour en jour?

Depuis le 11 septembre les conflits au Moyen-Orient en particulier se sont exacerbés. Le niveau de violence n’a cessé d’augmenter. Le terrorisme n’a pas été vaincu ou affaibli. Il a augmenté. On est donc obligés de constater que les politiques conduites n’offrent pas les bonnes réponses. Elles ont, en fait, alimenté les crises, nourri l' impasse, encouragé les extrémismes et le terrorisme. C’est le résultat de la politique de G.Bush. Certainement la politique la plus rétrograde, la plus déstabilisatrice, la plus dangereuse que les Etats-Unis aient jamais mis en œuvre dans leur histoire.

 Il est donc consternant que ce soit cette politique là que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, ait choisi d’approuver, de soutenir et de reproduire à sa façon. Par exemple, en ce qui concerne l’Afghanistan, en déplaçant les bombardiers français du Tadjikistan à Kandahar pour les intégrer plus directement aux opérations aériennes de l’ OTAN.

 Là est le vrai problème politique. L’alignement sur l’administration américaine, la volonté de procéder à une réintégration complète de la France dans l’organisation militaire de l’ OTAN ont conduit notre pays à un suivisme aventureux et dramatique, à s’engager dans des guerres qui ne sont pas des réponses adaptées et légitimes mais au contraire des facteurs aggravants, sinon déclenchant, de la violence et du terrorisme.

L’enjeu essentiel du nouvel état du monde ce n’est pas de trouver les réponses sécuritaires et militaires au terrorisme après le 11 septembre. L’enjeu est de définir les conditions économiques, sociales, institutionnelles, culturelles, politiques de la satisfaction des besoins multiples des peuples et des sociétés. Il faut donc bouleverser complètement la nature des choix effectués. La sécurité est d’abord le fruit du développement dans toutes ses dimensions. Personne, évidemment, ne peut nier les exigences sécuritaires. Cependant, lorsque le militaire n’apparaît plus comme un moyen mais comme l’axe quasi exclusif d’une politique de puissance et de domination – c’est le cas dans la politique de G. Bush - le résultat se lit par exemple dans les chaos irakien et afghan et dans l’impossibilité d’apporter une réponse durable aux crises que ce soit en Asie, Afrique ou ailleurs.

 La France doit changer radicalement de politique, renoncer à l’intégration complète dans l’organisation militaire de l’ OTAN, redéfinir, pour elle et pour l’Europe, un autre rôle dans le monde et une politique étrangère et de sécurité indépendante et non atlantiste.

N’oublions pas que c’est de l’Afghanistan dont il s’agit. Un pays où 70% de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. Dans ce pays, l’espérance de vie se situe entre 40 et 45 ans, un enfant sur quatre meurt avant l’âge de 5 ans; le niveau d’alphabétisation est estimé inférieur à 40%; 8O% des afghans n’ont ni eau courante ni électricité; le chômage est massif; une majorité des Afghans n’ont pas accès à une alimentation suffisante…

 Ce n’est pas la pauvreté, ni en Afghanistan, ni ailleurs qui produit le terrorisme. Mais n’est elle pas le terreau favorable pour tous ceux qui cherchent à instrumentaliser politiquement la misère et l’ignorance dans des intégrismes et des extrémismes qui ouvrent à la violence?

 La guerre alimente ces dérives graves et préoccupantes. Elle les encourage. Les forces militaires étrangères quelle que soit la mission qu’elles prétendent avoir, sont considérées comme des forces d’occupation. En Afghanistan les bombardements de l’ OTAN – auxquels les avions français participent régulièrement - ont fait des centaines de mort «par erreur» dans la population civile (et encore très récemment), comme si la vie de ces personnes n’avait pas d’importance.  Le sentiment d’injustice profonde, le refus de l’arrogance des puissances dominantes, sans oublier le sort intolérable fait au peuple palestinien en particulier… tout alimente confusément mais radicalement, en Afghanistan et ailleurs, les désirs de revanche ou de vengeance et un anti-occidentalisme qui sert d’idéologie au terrorisme. C’est ainsi que l’on nourrit ce qu’on appelle le «choc des civilisations». Il faut absolument sortir de cette impasse meurtrière.

 Le 21ème siècle risque d’être terrible si on ne prend pas la mesure du défi, si on continue à exacerber les crises par des politiques de guerre et des logiques de puissance, si on ne contribue pas d’urgence à la résolution des principaux problèmes du monde actuel: éradiquer la grande pauvreté, coopérer pour aider au développement dans toutes ses dimensions et d’abord les dimensions essentielles (santé, emploi, éducation, alimentation, culture…); favoriser la démocratie et soutenir les forces qui agissent pour qu’elle progresse (il y a des forces démocratiques et progressistes en Afghanistan); faire respecter le droit international dans l’esprit de la Charte des Nations-Unies; obtenir une solution juste au conflit du Proche-Orient…

 Lorsque le Chef d’ Etat major des armées dit «le temps des opérations extérieures faciles est terminé», il ne sous-estime pas les précédentes. Il avoue que tous les risques sont devant nous. On comprend de cette façon que les contradictions de ce monde parviennent déjà à produire des tragédies et que l’on aura un monde invivable si on continue comme aujourd’hui.

 C’est pour cette raison que la question posée en Afghanistan n’est pas une question militaire. Il ne s’agit pas seulement de modifier la tactique et d’employer d’autres moyens. Il s’agit d’une question politique. C’est un défi politique énorme devant lequel la France, les Européens notamment se doivent de réagir avec force et détermination.

Il est donc indispensable de montrer immédiatement la nature des changements que l’on veut dans les politiques conduites. Ce qui doit guider l’action est le sens de la responsabilité et de la solidarité.

 Il ne s’agit pas d’abandonner le peuple afghan à son sort et, quant à la suite, de s’en laver les mains. La France ne peut plus continuer à cautionner la politique de force américaine. Elle doit cesser d’ y contribuer. Mais elle a un rôle à jouer. Elle peut et doit agir en Afghanistan, comme ailleurs, afin de contribuer à une issue. C’est sa responsabilité de membre permanent du Conseil de sécurité. Des forces sont  certainement nécessaires pour garantir la sécurité des populations civiles. Elles doivent agir sous drapeau de l’ ONU. Un effort considérable pour des projets de reconstruction bénéficiant directement à la population doit être réellement entrepris pour que l’action de la Communauté internationale soit réellement constructive et perçue comme telle. L’aide promise doit être effectivement attribuée alors qu‘aujourd’hui sur les 25 milliards de dollars annoncés depuis 2002 pour la reconstruction et le développement, 10 n’ont pas été versés (rappelons que le projet national afghan demande une aide de 50 milliards de dollars sur 5 ans). Et sur les 15 réellement dépensés, 40% sont retournés aux pays donateurs en profits de sociétés et salaires de consultants. Les agriculteurs doivent être aidés à abandonner la culture du pavot (l’Afghanistan fournit 90 % de l’opium dans le monde). Les moyens politiques nécessaires doivent être employés pour isoler les franges les plus radicales des Talibans. Une coopération  très serrée doit être engagée avec le Pakistan afin qu’il contribue à la sécurité de sa frontière et que les aides aux Talibans et aux autres forces extrémistes cessent. La France doit provoquer à l’ ONU l’organisation d’un état des lieux sur les interventions étrangères et les opérations de maintien de la paix, en mettant l’accent sur le refus des logiques de force et de la guerre, sur les stratégies nécessaires au règlement des conflits mais aussi sur la réalisation, d’ici 2015 comme initialement prévu, des objectifs du Millénaire pour le développement, puisque l’on sait d’ores et déjà que ces objectifs visant à diminuer la pauvreté par deux à cette date , ne seront pas atteints si les politiques ne changent pas.

 Enfin, la France et ses partenaires européens ne peuvent plus faire semblant de croire qu’on va vers un règlement du conflit israélo-palestinien tout en laissant Washington agir et soutenir unilatéralement Tel Aviv dans sa politique de colonisation et d’occupation. Le poids du conflit du Proche-Orient dans la dégradation des relations internationales, depuis des années, est déterminant. Il est plus que temps d’agir pour l’application des résolutions des Nations-Unies.

 Le peuple afghan doit bénéficier d’ une vraie coopération, efficace et suffisante et sentir que c’est le résultat du multilatéralisme et de l’action des Nations-Unies alors qu’aujourd’hui c’est la domination américaine et britannique dans les décisions, qui s’impose comme une évidence.

 Et pour finir, ne pas oublier les urgences: le représentant spécial du Secrétaire général de l’ ONU pour l’Afghanistan , M. Kai Eide, a lancé le 19 août dernier un appel à contribution pour que les Afghans puissent faire face à la hausse des prix alimentaires, à la sécheresse et à la baisse des récoltes. Ce sont les plus pauvres qui sont les principales victimes désignées de cette crise alimentaire. Le représentant de l’ ONU a lié cette crise à la croissance de l’insécurité.

Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 21 août 2008

10 militaires français tués dans une embuscade en Afghanistan. Un bilan lourd pour une cause qui apparaît très contestable aux yeux de nombreux observateurs.

Bien entendu, la première réaction est l’émotion et le choc devant ce gâchis de vies humaines, de jeunes hommes embarqués dans une guerre dont ils ne mesuraient pas l’ampleur des risques.

Suivent derrière les interrogations et la colère : combien de temps la France va-t-elle continuer à faire allégeance aux Etats Unis, à déployer des troupes dans un conflit où le peuple Afghans est à la fois le grand absent et le grand perdant ?

La guerre est le pire des moyens pour régler les conflits, l’Irak n’a visiblement pas servi de leçon pour Bush et Sarkozy. Croit-on raisonnablement, que nos soldats feront mieux que les militaires russes embourbés durant des années dans une sale guerre qu’ils ont finalement perdu ? Quelqu’un a-t-il encore la naïveté de penser que Ben Laden sera capturé et le terrorisme anéanti grâce à la présence de ces soldats français ?

Nous exigeons le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et la recherche de moyens politiques dont l’initiative ferait honneur à la France qui préside actuellement l’union Européenne.

Pour mieux comprendre la stratégie géo politique de la France et des grandes puissances occidentales dans cette partie du monde, prenez le temps de lire l’interview accordée au journal l’humanité par Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques et reproduite ci-dessous.
Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 21 août 2008

Le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, Pascal Boniface, rappelle que Sarkozy plaidait en 2007 pour le retrait de la France.

 

Faut-il voir dans l’envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan, conformément à une promesse de Nicolas Sarkozy faite au président Bush, un nouveau signe de l’alignement atlantiste de la France ?

Pascal Boniface. C’est un signe supplémentaire, en effet. Un signe d’autant plus remarquable que ce qui est fait aujourd’hui est l’exact inverse de ce qui a été dit pendant la campagne présidentielle. Rappelons que Nicolas Sarkozy avait plaidé, au printemps dernier, pour un retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Là, plus question de retrait, ni même du maintien, en l’état, de la présence française, mais bien d’une nette augmentation des forces déployées dans la zone. Il est certain qu’un retrait aurait conduit à une crise dans les relations franco-américaines, perspective que Nicolas Sarkozy a voulu éviter. Ce renforcement de la présence militaire française a donc autant à voir avec les relations franco-américaines qu’avec la situation stratégique sur place, en Afghanistan.

Dans le même mouvement, la perspective d’un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN correspond-elle à un tournant stratégique ?

Pascal Boniface. Nous sommes face à une succession de signes, qui vont tous dans le même sens. Reste à savoir combien de signes seront nécessaires pour que les virages pris en direction des États-Unis se muent en véritable rupture. Tout dépend des évolutions futures de l’OTAN. Va-t-on vers « l’européanisation » de l’OTAN ? Pour l’instant, on ne connaît pas précisément les conditions posées par la France pour décider de son retour dans l’OTAN. C’est cela qui suscite le doute. Si des garanties sont données sur le fait que l’OTAN devienne plus européenne, alors le jeu en vaut peut-être la chandelle. Mais si de telles garanties ne se concrétisent pas, ce jeu pourrait devenir dangereux.

Le retour annoncé dans les organes militaires intégrés de l’OTAN est plus spectaculaire, mais serait moins lourd de conséquences, dans la perspective d’une véritable européanisation, que le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. L’envoi de troupes supplémentaires, présenté comme la suite naturelle de décisions déjà prises, présente, en fait, le risque très concret de nous engager dans un engrenage dont on ne voit pas, aujourd’hui, toutes les conséquences.

Alors que le traité de Lisbonne place la défense européenne sous la supervision de l’OTAN, cette intégration plus poussée dans l’Alliance est-elle compatible avec l’émergence d’une défense autonome de l’UE ?

Pascal Boniface. Le débat ne se pose pas en termes de supervision. Il porte sur l’alternative suivante : soit le pilier de la défense européenne est parallèle à l’OTAN et peut être autonome, soit il est imbriqué dans l’OTAN, donc dépendant d’elle. S’il s’agit simplement de faire en sorte que les pays européens augmentent leurs dépenses militaires pour être plus opérationnels au sein de l’OTAN, c’est effectivement une impasse. S’il s’agit de créer des possibilités de défense autonomes et parallèles à l’OTAN, cela peut être une piste intéressante. L’inconnue reste l’attitude, à l’avenir, des autres pays européens et surtout des États-Unis.

Les appels récurrents en faveur d’une rénovation de l’OTAN sont ils le symptôme d’une crise de l’organisation ?

Pascal Boniface. Ce débat sur la rénovation est presque aussi vieux que l’OTAN elle-même. Avec la chute de l’Union soviétique, la raison d’être de l’OTAN s’est effondrée. Depuis, la redéfinition de son rôle est en débat. D’où ces appels répétés à sa rénovation.

Vous mettiez en garde, il y a quelques mois, contre la tentation de faire de l’OTAN une sorte de gendarme du monde, habilité à intervenir partout au gré des crises. Cette tentation reste-t-elle prégnante ?

Pascal Boniface. Cette tentation demeure bien vivante dans certains cercles. En témoigne le texte publié récemment par cinq anciens chefs d’état-major d’armées européennes demandant un alignement total sur les États-Unis. Ce texte prévoit la possibilité, pour l’OTAN, de déclencher des conflits de façon dite « préventive », c’est-à-dire de se livrer à des agressions. Il envisage aussi la possibilité de recourir à des frappes nucléaires préventives pour empêcher la prolifération. Ce document, non officiel, est extrêmement inquiétant.

Certains cénacles nourrissent l’idée de faire de l’OTAN le bras armé d’un monde occidental qui devrait se défendre contre des ennemis contestant sa suprématie. C’est une vision extrêmement dangereuse, ignorante des réalités internationales nouvelles. Dans un monde désormais multipolaire, une telle vision, loin d’assurer la « suprématie occidentale », pourrait au contraire accélérer le déclin contre lequel on prétend vouloir lutter.

Quelles peuvent être les conséquences d’un élargissement de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie ?

Pascal Boniface. Lors de la réunification allemande, les pays occidentaux s’étaient engagés, verbalement, à ne pas élargir l’OTAN. Au gré des élargissements successifs de l’OTAN, des signaux de manquements à ces engagements pris à la sortie de la guerre froide ont été envoyés à la Russie. Cela a contribué à tendre les relations entre la Russie et le monde occidental et à développer un discours nationaliste toujours plus ferme en Russie.

Il y a une contradiction à se plaindre d’un raidissement de la Russie tout en conduisant une politique qui vient, au moins partiellement, le provoquer et nourrir un sentiment d’encerclement. Peut-être la Russie exagère-t-elle le danger. Mais il faut tenir compte de ses perceptions si l’on veut avancer de manière raisonnable.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Dernier ouvrage paru : Pascal Boniface et Hubert Védrine, Atlas du monde global, Armand Colin, 128 pages, 19,50 euros.

 

Par Jacques Jakubowicz
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Mercredi 20 août 2008

Voici l'article publié par l'Humanité et la vidéo sur la situation des ouvriers sans papiers et les conditions sanitaires scandaleuses du chantier ouvert à Pavillons sous Bois à deux pas de l'hôpital Jean Verdier. Nos élus ont apporté leur soutien au personnel licencié qui occupent  leur lieu de travail.

"Sans-papiers . Une entreprise occupée par des travailleurs maliens a déposé le bilan. Les grévistes se battent aujourd’hui pour leur régularisation et leur reclassement.

De mémoire de syndicaliste, Amadou Kébé n’a jamais vu ça. « C’est le XIXe siècle version Germinal », prévient le secrétaire local adjoint de la CGT de Bondy. Pourtant, nous sommes bien au troisième millénaire, en France. Zone industrielle de la Poudrette, plus précisément, aux Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les grands murs gris entourant lSanir-PLMT sont égayés par les drapeaux rouges de la CGT. Depuis deux semaines, quatorze salariés occupent nuit et jour les lieux pour exiger leur régularisation et… leur reclassement. Car, fait inédit dans le mouvement actuel des salariés sans papiers, l’entreprise occupée a déposé le bilan.

friches anarchiques

Tout commence le 17 juin, lorsque les salariés de l’entreprise PLMT, tous maliens et sans papiers, se mettent en grève pour demander leur régularisation. Le jour même, un protocole d’accord est signé avec la direction, qui s’engage à appuyer les dossiers en préfecture. Jusqu’ici tout va bien : levée du piquet de grève. Mais dix jours plus tard, coup de théâtre : PLMT dépose le bilan, ses salariés sont tous licenciés. Depuis le 15 juillet, ils occupent donc le chantier pour exiger leur reclassement au sein des sept autres entreprises détenues par l’employeur.

Sous une tente où ils s’abritent du soleil, les manoeuvres témoignent de conditions de travail archaïques : heures supplémentaires non payées, formations retirées des fiches de paye, etc. Le plus ancien, Souleymane Sako, est entré dans l’entreprise en 1991. Depuis, il a pris trois fois des vacances.

Surtout, les salariés ne se privent pas de décrire la dangerosité de leur travail. Derrière ses allures d’entreprise spécialisée dans le terrassement et la démolition, Sanir-PLMT n’est ni plus ni moins qu’une décharge. Il faut parcourir cet immense terrain pour y croire. Les anciens salariés se font volontiers les guides de ces friches anarchiques. Pour éviter de payer la déchetterie, l’employeur est passé maître dans l’art de « recycler » lui-même les déchets de chantier.

demande d’enquête

Et les méthodes décrites par les manoeuvres sont loin d’être écolos : des plaques d’amiante stockées en plein air, mêlées aux gravats et détruites à la masse par les ouvriers sans aucune protection. Plus loin, sous un entrepôt, un puits de plusieurs mètres de large et de profondeur permet de brûler les montagnes de bois entreposé devant. La charpente, noircie, est proche de l’écroulement et on imagine les fumées dégagées par de tels barbecues… « Cela gêne le voisinage, témoigne les anciens salariés, mais personne ne dit rien. » Le matériel stocké sous l’entrepôt est recouvert d’une épaisse couche de cendre qui brûle la gorge. Les anciens salariés sortent les bulletins médicaux pour montrer leur taux anormalement élevé de plomb dans le sang. À quelques centaines de mètres, dépassent les tours de l’hôpital Jean-Verdier.

La CGT a demandé l’ouverture d’une enquête au procureur de la République. La mairie de Bondy est intervenue auprès du préfet pour solliciter une médiation. Joint par téléphone, Roger Kakou, gérant des entreprises, n’a pas souhaité s’exprimer. « S’il y a des accusations, on y répondra », a-t-il fait savoir. Cette histoire ne fait donc que commencer.

Marie Barbier"

 




SCANDALE SOCIAL ET ECOLOGIQUE A BONDY
envoyé par Bondy_Blog
Par Jacques Jakubowicz
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Mardi 24 juin 2008

Recevant la newsletter de "Bondy Autrement", la mauvaise foi de l'article sur les 100.000 euros m'a fait bondir. J'ai souhaiter mettre un commentaire, Hélas! contrairement à la plupart des blogs, le site n'autorise pas de placer des commentaires pour répondre à un article.
je décide donc d'envoyer au site un "droit de réponse" en leur demandant sa publication. Hélas! à nouveau, il n'est pas publier. C'est donc sur mon blog que je le publie pour ceux qui y ont accès. mais rien interdit de le faire suivre à qui bon vous semble. Merci

 

Puisque votre site n’autorise pas les commentaires sur vos billets, je me permets de vous envoyer ce droit de réponse que j’espère vous ne manquerez pas de publier.

 Il est bien sûr de votre droit de vouloir polémiquer sans cesse sur des sujets qui mériteraient pourtant un autre traitement que celui qui vise à vous faire apparaître comme les chevaliers blancs, seuls défenseurs du peuple contre les méchants élus corrompus et manipulateurs de la majorité municipale.

Sur cette affaire des 100.000 euros, à vous lire, vous avez été les initiateurs d’une action en direction des pouvoirs publics, les seuls à réagir, la force de proposition pour aller chez le préfet, les victimes d’une tentative de récupération du Maire au conseil municipal et enfin grâce à votre persévérance à demander une réunion commune, les seuls à proposer un texte commun.

Effectivement, à lire l’histoire de cette manière, qui pourrait douter une minute de la pertinence de votre conclusion que je résume pour mémoire et pour exemple de démagogie poussée à l’extrême :

1-     Les élus de la majorité s’en mettent toujours plein les poches alors pourquoi voulez vous qu’ils s’intéressent aux problèmes des gens,

2-     En plus ils en sont encore à des querelles de boutiques. Que c’est vilain la politique quand c’est pas nous qui la faisons !

3-     Donc Bondy autrement on est bien les meilleurs CQFD

Permettez moi de rétablir quelques faits qui eux ne sont pas polémiques, tendancieux,  pour ne pas dire mensongers.

Dès l’annonce par le Maire de la décision  de l’état sur les 100.000 euros, j’ai personnellement écris dès le 25 mars, au nom du groupe que je préside, une lettre de protestation et une demande de versement de cette somme enlevée du nouveau calcul. Le préfet m’a répondu en date du 22 avril pour expliquer les raisons de cette décision et en la justifiant.

Au cours du conseil municipal suivant le17 avril, Sylvie Badoux, adjointe au Maire appartenant au même groupe, a souhaité dans une intervention que les élus travaillent sur une motion en direction du Préfet et que celle-ci lui soit portée par une délégation d’élus avec la population. Deux faits vérifiables, engagés très tôt, bien avant le 21 mai où vous réagissez, et que vous avez sciemment omis de porter à la connaissance de vos lecteurs.

Vous avez effectivement pour votre part convoqué les élus à une réunion le 21 mai pour envisager une action commune. Pour notre part, personne n’a pu se dégager à la date et heure fixés. Nous n’avons pas été informés, par aucun des participants présents à cette réunion dont « Bondy autrement » des débats, conclusions et décisions prises.

Naturellement, nous avons comme nous nous étions engagés au conseil, fait une proposition de motion qui a été débattue et amendée à l’exécutif municipal sans qu’aucune information ne nous soit donnée sur l’existence d’un autre texte en circulation.

Au conseil, devant la découverte de deux motions qui sur le fond ne différaient pas de grand chose et qui contrairement à ce que vous affirmez ne faisait pas disparaître la manifestation chez le préfet. J’ai moi-même lu cette motion au préfet en prenant soin de préciser que cette motion serait déposée chez le préfet avec la population.

Les débats étant enregistrés lors des conseils, je vous engage à vérifier cela, si par un hasard malencontreux, vous étiez un peu distraits à ce moment-là.

Le Maire  a alors proposé de réunir les présidents de groupe rapidement pour se mettre d’accord sur un seul texte. Vous avez été les seuls ce soir là, à refuser cette réunion. Il faut oser dire que c’est sur votre insistance qu’elle s’est ensuite tenue.

Enfin vous vous targuez d’avoir été les seuls à apporter un texte à la réunion qui a suivi et à laquelle tous les sensibilités étaient présentes.

L’objet était de travailler un texte commun et d’unir nos efforts sur une action.

Je l’ai dit, le maire l’a dit aussi, peu de choses séparaient les deux textes de départ. Et vous auriez voulu qu’on se batte encore sur des textes différents ?

J’y vois pour ma part un esprit de responsabilité et un refus de polémiquer de notre part et non pas comme vous le présentez le fruit de l’action unique de votre mouvement parce que-les-autres-y-pensent-qu’à-s’en-mettre-plein-les-poches-et-qu-ils-en-ont-rien-àfaire-des-gens.

Vous parlez de querelles boutiquières. Nous sommes différents dans la majorité cela est vrai, mais nous arrivons à travailler ensemble en bonne intelligence et sans querelles polémiques inutiles et nuisibles pour notre ville et sa population. En matière de querelles boutiquières je vous suggère donc de commencer par balayer devant votre porte.

Bien cordialement,

Jacques Jakubowicz

Président du groupe communiste et partenaire

Par Jacques Jakubowicz
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Jeudi 12 juin 2008

George Bush vient à Paris les 13 et 14 juin. Il sera accueilli à son arrivée par une manifestation unitaire.

George Bush n’est pas le bienvenu. Sa politique de surarmement et de guerre est un danger permanent pour les peuples et la sécurité internationale. Les manifestants exprimeront l’exigence d’un tout autre rôle de la France et de l’Europe dans le monde.

 

L’appel unitaire pour la manifestation
Vendredi 13 juin 18H30 Place de la République

Les 13 et 14 juin prochain, à un moment où le gouvernement français accentue son alignement inacceptable sur la politique des États-Unis, et à la veille de la présidence française de l’Union Européenne, Georges Bush sera reçu à Paris par le Président Sarkozy. Cette venue doit être l’occasion que s’exprime dans la rue comme aux Etats-Unis et dans le reste du monde le rejet populaire de la politique de domination et de guerre de Bush dont Sarkozy se fait complice.

La conséquence de la «guerre des civilisations» de Bush et de son «Grand Moyen Orient», après 7 ans en Afghanistan et 5 ans en Irak, c’est la guerre civile, la corruption, la misère, le terrorisme, des centaines de milliers de victimes civiles et des pays détruits à tout point de vue !

Le règlement de ces 2 conflits passe par le respect des droits des peuples, dans le cadre du droit international. Nous demandons : l’arrêt immédiat de toutes les opérations militaires en Irak ainsi qu’en Afghanistan et le retrait des troupes d’occupation des Etats-Unis et de leurs alliés.

Une aide internationale immédiate financée notamment par les pays responsables de l’occupation, principalement par les Etats Unis.

Loin de résoudre les crises, Bush et ses alliés attisent les conflits, par le soutien inconditionnel à Israël qui accélère la colonisation des Territoires palestiniens occupés, poursuit la construction du mur déclaré illégal ; c’est le blocus meurtrier à Gaza et l’agression contre le Liban de juillet 2006 ! Le peuple palestinien a droit à un Etat comme le reconnaissent les résolutions de l’ONU jamais appliquées. C’est la condition indispensable pour que puisse être trouvée une solution politique négociée avec des frontières sures et reconnues pour les deux Etats.

Sans tirer les leçons de ses échecs, le Président Bush menace les pays qui comme en Amérique Latine, prennent d’autres voies que celles dictées à Washington. Il est fin prêt pour d’autres attaques au Moyen-Orient. Malgré la nature condamnable du régime iranien, une attaque contre ce pays pourrait conduire à un véritable désastre, comme c’est le cas en Irak aujourd’hui.

Nous demandons la création d’une zone dénucléarisée pour l’ensemble du Moyen Orient, première étape vers une dénucléarisation générale.

Nous refusons l’escalade guerrière, la France ne doit pas s’aligner sur le gendarme du monde, mais se faire porteuse de l’exigence que les peuples ont exprimé lors des grandes manifestations contre la guerre en 2003.

Nous voulons agir pour en finir avec la domination et le pillage impérialiste pour construire un monde de paix, de solidarité et de justice fondé sur la coopération internationale.

Les organisations sous signées appellent à une manifestation le vendredi 13 juin à 18h30 de la Place de la République

Signataires : AFPS ; AJPF ; AAW-France ; ATTAC ; Collectif Faty Koumba ; FAL ; FSU ; Génération Palestine ; GUPS ; LCR ; MARS-Gauche Républicaine ; MJC ; MRAP ; Mouvement de la Paix ; Organisation de Femmes Egalité ; PCF ; PCOF ; Parti du Travail d’Iran - Toufan ; UJFP ; Les verts ; La Voix démocratique du Maroc

Par Jacques Jakubowicz
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Vendredi 23 mai 2008

Toute la gauche s’interroge aujourd’hui sur son avenir. C’est la moindre des choses quand on voit l’aphasie persistante de la gauche dans les propositions alternatives à la politique de régression sociale de la droite.

 

Les groupes de réflexions ne manquent pas, ils foisonnent même, mais pour l’instant ce qu’il en sort, c’est toujours plus de divisions et peu de concret.

 

Une chose semble attendue par tous ceux qui espèrent un changement, de vraies réformes progressistes ancrée à gauche, c’est que les forces qui se revendiquent du progrès social puissent s’unir autour d’un projet anti-libéral clair.

 

Ce n’est hélas pas cette voie que notre député de la circonscription a décidé d’emprunter. Pour la seconde fois en quelques semaines, elle vient de tenir des propos à la presse qui sont tout simplement inacceptables pour ceux qui souffrent de la politique de la droite.

 

Partant de la polémique autour de la sortie du livre de Bertrand Delanoë : « de l’audace », Elisabeth Guigou a tenu ces propos diffusés par l’agence France Presse :

 

Bertrand Delanoë "veut installer le débat d'idées, c'est ça le plus important", a ajouté l'ancienne ministre saluant la volonté du maire de Paris de réconcilier le PS avec le libéralisme.

"Ce que j'aime, c'est cette exigence : pas d'artifice, discutons des vraies réalités, arrêtons de nous cacher derrière les mots, les socialistes en ont besoin aujourd'hui", a-t-elle poursuivi. "Il faut que la gauche devienne en effet manager, que l'on traque les situations acquises, les gaspillages".

Les militants ont "compris qu'on était dans l'économie de marché" et "on n'a pas peur de ce débat", a insisté la députée de Saine-Saint-Denis.

 

Merci Madame Guigou, on se sent vraiment bien à gauche pour combattre la droite avec des propos pareils.
Par Jacques Jakubowicz
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