De graves évènements secouent le Tibet.
Depuis le 14 mars des révoltes populaires réclamant le
respect de la culture tibétaine et l'autonomie de leur région, sont durement réprimées par l’armée chinoise. Plusieurs dizaines de morts sont à déplorer
avec certitude et l’interdiction pour les journalistes d’approcher le Tibet et les régions limitrophes nous fait craindre que le bilan soit plus lourd encore.
Je condamne donc, comme beaucoup d’autres, avec fermeté l’attitude des dirigeants chinois qui prétendent régler par la force et dans le secret l’avenir du
Tibet, de son peuple et de sa culture.
L’hypocrisie de nos dirigeants qu’ils soient nationaux ou Européens est intolérable.
La puissance et le dynamisme économique de la chine avec tous les contrats économiques et commerciaux juteux qu’ils
induisent , poussent la France et les dirigeants Européens, à se précipiter pour signer en grandes pompes, des contrats accompagnés d’un aréopage de chefs d’entreprises.
Mais pour condamner autrement que du bout des lèvres, les atteintes graves aux libertés qui se perpétuent au Tibet, nos dirigeants ne brillent ni par leur
imagination ni par leur audace.
Il est par exemple pitoyable de voir Bernard Kouchner, grand pourfendeur des atteintes aux droits de l’homme ,
initiateur de la théorie du « droit d’ingérence » lorsqu’il était connu comme le « french docteur » se faire tout petit et transparent lorsqu’il s’exprime comme ministre du
gouvernement de Sarkozy.
Et que fait la communauté internationale et plus particulièrement les 27 chefs d’états européens pour prendre une position
forte, commune pour exiger de la Chine qu’elle cesse la répression et ouvre le dialogue avec le Dalaï-Lama ?
Un peu de courage politique ne nuirait pas à ces chefs d’états au lieu de laisser faire porter la
responsabilité de la protestation au mouvement sportif.
D’ailleurs sur cette question je tiens à exprimer mon opposition à l’idée de boycotter les
jeux olympiques comme réponse à la répression chinoise.
Premièrement, ce
n’est pas efficace, le boycott des JO de Moscou puis la réplique du bloc de l’Est aux JO suivant à Los Angeles en sont la piteuse illustration.
Deuxièmement,
lorsque des jeux se sont tenus malgré un contexte difficile, ont garde encore aujourd’hui en mémoire l’impact du triomphe de l’athlète noir Jesse Owen aux jeux de Berlin en 1934
ridiculisant Hitler et la prétendue supériorité de la race aryenne ou en 1968.
A Mexico, l’image du poing ganté de noir et levé vers le ciel sur le podium olympique des deux
sprinters noirs américains Tommie Smith et John Carlos protestant contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, reste à jamais gravée dans les mémoires.
Troisièmement, les Jeux Olympiques sont aussi un grand moment de paix et de rencontre des
peuples qu'il faut préserver. Il faut créer les conditions pour qu'ils se tiennent et non les boycotter.
Ainsi lors des précédentes cérémonies d'ouverture des Jeux, des délégations palestiniennes et
Israéliennes se sont succédé sur un même stade, les deux Corée ont constitué une équipe commune et pour la première fois des femmes participaient à la délégation afghane. Les Jeux de
2008 doivent être producteurs de symboles forts de fraternité, de liberté, pour les droits des hommes et des femmes de la planète.
Quatrièmement,
ni les athlètes, ni les Tibétains, ni le Dalaï-Lama, ne souhaitent le boycott.
Cinquièmement, les JO vont mettre un coup de projecteurs énorme sur la Chine, il y sera beaucoup plus difficile
de cacher des choses ou de réprimer devant les caméras du monde entier. La participation citoyenne des athlètes et spectateurs peut grandement aider la démocratie. L' appel dans
le Nouvel Obs : "entre le boycott de J.O. et le silence, il y a une voie" lancé par un certain nombre de sportifs qui exigent du gouvernement chinois l’application des
engagements pris sur la liberté d’expression et l’intégrité des individus, en est un exemple lumineux.
Sixièmement, le sport et tout particulièrement les JO sont un symbole extraordinaire de Paix et de liens entre les peuples du monde
entier. Pourquoi pénaliser ce grand moment attendu par toute la planète, préparé pendant des années au prix d’efforts et de privations terribles par
les athlètes alors que les dirigeants politique au nom du sacro-saint marché se refusent de prendre des mesures politiques ?.
Enfin septièmement, je doute très fort de l’indignation et de la sincérité de certaines personnalités qui
squattent les médias pour obtenir le boycott. Les entendrait-on sur le même registre si les jeux se tenaient demain aux États-Unis, demander le boycott parce que les dirigeants
américains, torturent à Guantanamo, piétinent les droits des prisonniers et la convention de Genève ? J’en doute !
Si l’on devait réfléchir la tenue des JO à l’aune des atteintes caractérisées aux droits de l’Homme dans le monde, on ne
trouverait pas beaucoup de pays où organiser les jeux.
Donc pour
moi :
Condamnation ferme, action politique pour obtenir l’arrêt de la répression au Tibet et instauration du dialogue entre les dirigeants chinois et tibétains, participation citoyenne aux jeux .