les sans abris de l'hiver, ça se crée avec les expulsions du printemps

Publié le par Jacques Jakubowicz

Monsieur le Maire,
 
 
Le 15 mars prochain, la trêve hivernale prendra fin pour les expulsions locatives et les coupures de gaz et d’électricité.
L’action menée cet hiver par les Don Quichotte sur les berges du canal de l’Ourcq dénonçant le scandale des sans abris, l’adoption du projet de loi sur le droit opposable au logement et la reconnaissance nationale de l’action de l’abbé Pierre unanimement saluée après sa disparition il y a quelques semaines posent avec encore plus de force la nécessité de stopper les pratiques barbares consistant à jeter à la rue les personnes en difficulté pour payer leurs loyers.
La proposition des élus communistes de la reconnaissance partout et pour tous du droit au logement par la création d’un grand service public du logement et de l’habitat prend, ici, tout son sens.
Monsieur le Maire, nous avons été dans les toutes premières villes à prendre un arrêté anti- expulsions sur le territoire de la commune. Malheureusement en 2006, vous n’avez pas reconduit cet arrêté au motif que cela ne servait à rien vu que ces arrêtés étaient systématiquement annulés par les tribunaux administratifs.
Ces tribunaux, nous le savons, jugent la légalité des arrêtés plus que le fond qui les motive, mais la portée politique de l’engagement d’une municipalité de gauche aux côtés de personnes les plus fragilisées par la crise, n’est pas un événement mineur.
Si nous devions baisser les bras à chaque fois qu’une injustice sociale intolérable était engagée par l’état au seul motif que notre action a peu de chance juridiquement d’aboutir, les citoyens seraient en droit de s’interroger sur l’utilité des élus de gauche.
Des élus dont ils attendent qu’ils soient à l’écoute de leurs préoccupations et décidés à les aider dans leur droits les plus élémentaires tels que le droit au logement, le droit à l’énergie, le droit à élever ses enfants dans des conditions satisfaisantes, le droit à une vie familiale normale…
Les événements précités de cet hiver ont démontré que la détermination paie. La loi votée sur le droit opposable au logement n’est certes pas parfaite mais elle constitue une avancée qui rend plus difficile l’affirmation de tout faire pour qu’il n’y ait plus de sans logis dans la rue et d’expulser à tour de bras les locataires en difficulté au printemps.
Cette année ces mesures d’un autre âge qui pénalisent durement les familles les plus en difficulté socialement, prennent une dimension nouvelle.
En effet, le 1er juillet 2007 entrera en vigueur l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie, impliquant une augmentation sensible des tarifs. Cette mesure aura à coup sur des conséquences dramatiques et préjudiciables pour les familles en difficulté et fragilisées pour faire face aux coûts déjà exorbitants du gaz et de l’électricité.
Le fond social énergie transféré à la compétence des collectivités locales ne suffira pas à faire face aux difficultés grandissantes des administrés.
Il devient urgent de créer comme les élus communistes le demandent un pôle public de l’énergie ( électricité, gaz, pétrole, charbon et énergies renouvelables), de fusionner EDF et GDF et de les restituer au secteur public. En attendant, il faut que cessent les coupures qui mettent en cause la sécurité des biens et des personnes.
En conséquence, les élus communistes vous demande une nouvelle fois de prendre dès le prochain conseil municipal le 8 mars 2007, un arrêté anti-expulsion et anti-coupures sur la ville de Bondy et de décider d’une action avec ceux qui sont menacés par ces représailles pour aller ensemble rencontrer le préfet dès la semaine suivant la prise de cet arrêté.
Veuillez, recevoir, monsieur le Maire nos cordiales salutations.
 

Les élus communistes de Bondy

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