HLM en danger !
Edito paru dans le revue des élus communistes et républicains.Cette forme d’épargne constitue la dernière possibilité bancaire pour les plus démunis et participe encore du service public et d’un certain aménagement du territoire avec les implantations de La poste et des Caisses d’épargne qui ont l’exclusivité de sa distribution.
Elle est surtout un circuit de financement vital pour la construction et l’entretien du patrimoine locatif social avec une centralisation des fonds collectés par la Caisse des dépôts et consignations qui propose aux organismes HLM des prêts bonifiés grâce à un encours de 115 milliards d’euros.
Cette banalisation doit permettre à toutes les banques de tirer profit de ce magot, de détacher les 46 millions de Français détenteurs de cette épargne populaire qui a résisté à toutes les baisses de rémunération et de lui substituer d’autres produits bancaires. C’est une mort programmée !
Avant l’élection présidentielle, le gouvernement faisait montre de s’opposer à cette évolution. L’Assemblée Nationale avait adopté la loi sur le droit au logement opposable, certes en traînant des pieds, certes sans mettre les moyens de financement immense nécessaire à une sortie de l’actuelle crise du logement.
Cherté des logements et des terrains, insuffisances croissantes des HLM ont été alimentés par la libéralisation, une recherche de rentabilisation effrénée pour l’ensemble du marché de l’immobilier, y compris social, y compris public.
Ainsi, quand Nicolas Sarkozy, loin de trancher sur la politique menée jusqu’alors, prône une France de propriétaire, que l’ancien maire est parmi les cancres dans l’obligation faite à sa commune de construire du logement social, que le programme en matière de logement de l’UMP s’est fixé comme objectif de faire disparaître tous les ans 10 % du patrimoine HLM, il est probable que les résistances, au-delà de la façade, ne viendront pas de ce côté là.
Les défenseurs du droit au logement pour tous et partout, les promoteurs d’un service public du logement ont intérêt à faire rempart partout où cela est possible, s’ils veulent conserver à l’intervention publique les moyens de leurs ambitions