Pour une vraie réflexion sur la participation des familles en difficulté
Intervention de Jacques Jakubowicz au conseil municipal du 24 mai 2007
Ce dossier n’est évidemment pas un dossier anodin au même titre que ceux que nous votons annuellement pour actualiser les tarifs des services rendus par la ville à la population.
Chers collègues,
Il s’agit, comme le précise le rapport, d’alléger la participation des familles aux cantines scolaires et aux centres de loisirs pour « tenir compte des capacités financières des Bondynois ».
Dans un contexte d’extrêmes difficultés financières pour les collectivités locales depuis la pseudo décentralisation de Raffarin et les transferts de charges lourds, dénoncés avec forces et à de nombreuses reprises par la majorité municipale, une telle décision ne peut relever que d’une orientation politique forte marquant l’engagement de la gauche aux côtés des plus démunis, des familles les plus en difficulté.
A ce titre le groupe communiste se félicite que des familles en difficulté pour payer la cantine de leurs enfants puissent trouver dans ces mesures une bouffée d’oxygène.
D’ailleurs, cet effort municipal aurait même pu être plus important et aller jusqu’à la gratuité puisque certaines communes du département l’ont fait, mais avec quelles conséquences en terme de locaux d’accueil, de besoins en personnels supplémentaires, d’équipements de restauration et de conséquences sur le budget communal qui alimente tous les autres services rendus à la population ?
N’est-il pas surprenant et pour nous inquiétant qu’une telle décision hautement significative et symbolique n’ait fait l’objet d’aucun débat à l’exécutif municipal avec l’ensemble des élus de la majorité ?
Oui, nous sommes pour que les familles en difficultés bénéficient de tarifs allégés, mais alors que l’on se saisisse pleinement de la question qu’on la mette en débat avec les élus, avec tous les parents des conseils de parents d’élève dont la concertation s’est limités à la présentation du projet à la douzaine de présidents de CPE, avec les conseils d’école, les enseignants, etc..
A l’inverse, une décision prise visiblement à la hâte à quelques jours des législatives, sur une question que le Maire de droite de Drancy a réussi à fortement médiatiser, réduit ce qui aurait dû être une véritable avancée sociale, à une opération sans portée, peu lisible parce que incohérente : on comprend mal par exemple que la municipalité souhaite marquer son engagement auprès des familles en difficultés en baissant les tarifs des cantines des écoles et des centres de loisirs et que dans le même temps pour les mêmes familles elle augmente de près de 2% les garderies du matin et du soir ou la participation journalière aux centre de loisirs.
Les élus communistes pensent que la réponse donnée aujourd’hui à la question des tarifs pour les personnes en difficultés est réductrice, polémique et insuffisante, qu’elle mérite le temps d’un débat de fond avec les élus, et l’ensemble des partenaires, qu’elle exige la clarté sur les enjeux notamment sur les implications budgétaires et les choix induits qu’il conviendra d’opérer.
Notre groupe s’abstiendra donc de voter ce rapport et qu’on le comprenne bien non par désaccord avec la volonté annoncée mais avec l’insuffisance forte de la réponse apportée et sur l’absence de démocratie qui ne peut-être admise pour un projet d’une telle importance.