Le ministre Hortefeux organise prioritairement la traque des sans-papiers pendant les congés dété.
Le journal Libération dévoile une circulaire diffusée début juillet par une préfecture de la région Ile-de-France qui précise les nouvelles modalités «d’exécution des mesures d’éloignement» des sans-papiers et demande à la hiérarchie policière de «traiter prioritairement» ces dossiers.
«Vous avez reçu ou vous recevrez des listes d’étrangers en situation irrégulière» et le document de recommande à la police d’effectuer des vérifications du domicile des sans-papiers, et de «solliciter le procureur de la république afin d’obtenir la coercition» en cas de «non-défèrement» des personnes convoquées.
Le journal Libération cite dans la foulée les réactions de Jean-François Zmirou, vice-président du Syndicat de la magistrature (SM) : «Je trouve particulièrement inquiétant que les magistrats du parquet soient ainsi utilisés par le ministère de l’Intérieur pour servir sa politique».
Ce document prouve que les préfectures diffusent des consignes afin de rendre prioritaire les expulsions dans les attributions des forces de l’ordre. « L’existence d’objectifs chiffrés d’expulsions entraîne des pratiques de plus en plus dures de la police. Cela conduit les étrangers à être terrorisés par les interventions policières, comme cela vient d’être le cas à Amiens.»
Ce document contredit ainsi les déclarations du ministre de l’Immigration et de l’identité nationale, Brice Hortefeux, qui contestait l’accélération des procédures d’expulsion cet été.
La diffusion de ces consignes a provoqué l’indignation des responsables de RESF, hier. «Cela ressemble à l’organisation d’une rafle, a commenté, hier, Brigitte Wieser. On part d’un fichier, et l’on va chercher les gens où l’on est sûr de les trouver.» «Cela montre qu’au début de l’été, le 11 juillet, l’expulsion est devenue un axe prioritaire , relève aussi Jean-Pierre Fournier, de RESF. Le fond de cette lettre est terrible, parce qu’on y voit noir sur blanc une mécanique finir de se mettre en place.»
Le dispositif prévoit, enfin, «de faire inscrire l’étranger au FPR» - le fichier des personnes recherchées. Aux côtés des délinquants.
Nicolas Sarkozy vante devant les média sa politique de rassemblement, il opère en réalité dans l’ombre, une accentuation de sa politique d’exclusion