Trou de la sécu: attention à ne pas tomber dedans!

Publié le par Jacques Jakubowicz

C’est un classique, on nous le refait chaque année : Le coup du trou de la sécu qui s’élargit et qu’il faut combler !  

 

L’analyse politiquement correcte consiste à dire que s’il y a trou, c’est forcément dû aux dépenses qui s’envolent. 
Et l’explosion des dépenses aurait des origines bien ciblées : les français dépenseraient trop de médicaments et de visites médicales, les médecins en prescriveraient trop et accorderaient trop facilement des arrêts de travail, les dépenses publiques de santé seraient trop importantes.  

 

Conclusion logique : taxer les médicaments, ne pas en rembourser d’autres considérés comme insuffisamment efficaces, instaurer une franchise comme pour les assurances voiture, pénaliser les médecins jugés trop dispendieux, et réduire les budgets des hôpitaux publics.  

 

Conséquences toutes aussi logiques : C’est aux malades qu’on demande de financer le trou de la sécu, c’est la mise à mort de la sécu comme système de financement solidaire permettant à chacun d’accéder aux soins quelque soient ses ressources, c’est la privatisation progressive de l’hôpital et l’instauration d’un système de santé à deux vitesses.

Il y a une autre analyse, moins politiquement correcte et donc peu présentée dans les média : les dépenses de santé augmentent et c’est tant mieux ! 
La population vit de plus en plus longtemps ce qui entraîne des soins plus nombreux dans la vieillesse. Les médicaments, les techniques de soins, les appareils médicaux sont de plus en plus sophistiqués et performants et donc chers.

Conclusion logique : Ce n’est pas sur les dépenses que l’action doit se porter pour résorber le trou de la sécu mais sur les recettes qui doivent augmenter.
Les recettes proviennent essentiellement de deux sources : des cotisations sociales versées chaque mois par les salariés au titre de la solidarité nationale et les cotisations patronales. A ce propos si les salariés paient régulièrement, moins il y a de salariés en activité et moins il y a de recettes qui rentrent, quant aux employeurs ils ne versent pas toujours ce qu’ils doivent et en premier lieu l’état qui doit à la sécu des sommes faramineuses.  

 

 

 

Conséquences toutes aussi logiques : Orienter l’action du gouvernement pour résorber le chômage, faire payer les sommes dûes par les employeurs et taxer les revenus financiers permettrait de financer le trou en préservant la Sécu sans faire payer toujours les mêmes.  

 

Mais tout cela est limite subversif et certainement anti sarkosyste !  

 

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